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Transformer la couverture médiatique de la nutrition au Kenya

Group work during a media training workshopAu moment de la rédaction du présent article, Titus Mung’ou était le Directeur du plaidoyer et de la Communication auprès de Action Contre la Faim (ACF) et le président sortant de l’Alliance de la société civile kenyanne pour le renforcement de la nutrition (CSO-SUN). Il est titulaire d’un diplôme en éducation (Arts), d’un diplôme d’études supérieures en communication de masse, d’un master en sciences de la communication, et poursuit actuellement un doctorat en sciences de la communication à l’Université de Nairobi. 

 

Localisation : Kenya

Ce que nous savons :  le Kenya a rejoint le Mouvement SUN en novembre 2012. Même si le Kenya est en voie d’atteindre tous les objectifs de nutrition maternelle et infantile définis par l’Assemblée mondiale de la Santé, la malnutrition n’en demeure pas moins un problème de santé publique important.

Ce que cet article apporte de nouveau :  Au Kenya, l’Alliance de la société civile pour le renforcement de la nutrition (CSO-SUN) est engagée dans un plaidoyer ciblé et novateur pour élever le statut de la nutrition dans les structures gouvernementales, intégrer la nutrition comme un programme de développement multisectoriel et augmenter les ressources en matière de nutrition (budgets et nutritionnistes). Les activités de la CSO-SUN comprennent l’élaboration des plans et des budgets de développement intégrés du comté, des notes d’information sur la nutrition et la mise en place d’un réseau de journalistes en nutrition. Des ateliers ont permis de sensibiliser les responsables politiques, les fonctionnaires, les acteurs de la nutrition et les journalistes sur leur rôle dans le cadre des activités du SUN. Le plaidoyer a eu comme répercussions le développement de lignes budgétaires spécifiques pour les programmes de nutrition dans les plans du comté, notamment plus de nutritionnistes du comté employés, une plus grande couverture médiatique de qualité sur les questions de nutrition, y compris le  lancement du Rapport 2015 sur la nutrition mondiale, et l’engagement des champions de la nutrition de haut niveau. 

Le Kenya a rejoint le mouvement mondial pour le renforcement de la nutrition (SUN) en novembre 2012, s’engageant ainsi à lutter contre la malnutrition à grande échelle dans une approche multisectorielle. À ce jour, le Kenya a mis en place six réseaux de SUN, à savoir le réseau gouvernemental, celui des Nations Unies, des donateurs, des hommes d’affaires, de la société civile et du milieu universitaire et de la recherche. Ceux-ci mettent en œuvre divers efforts pour atteindre les objectifs du mouvement SUN. Le Rapport 2015 sur la nutrition mondiale a reconnu le Kenya comme le seul pays en voie d’atteindre les objectifs 2025 de l’Assemblée mondiale de la Santé (WHA). Il précise à cet égard : « Presque tous les pays (70 des 74 pour lesquels il existe des données) sont en voie d’atteindre au moins un des cinq objectifs mondiaux. Cette ampleur de la performance est une bonne nouvelle. Cependant, un seul pays (le Kenya) est en voie d’atteindre les cinq objectifs de nutrition maternelle et infantile définis par la WHA, et seulement quatre (la Colombie, le Ghana, le Vanuatu et le Vietnam) sont en voie d’atteindre quatre objectifs. » (Rapport 2015 sur la nutrition mondiale). 

Situation du pays

Le Kenya fait face au double fardeau de la malnutrition : la dénutrition (retard de croissance, émaciation et carences en micronutriments) et la surnutrition (surpoids et obésité). Bien que la prévalence de la dénutrition (et des maladies infectieuses souvent associées) demeure élevée, l’on note une augmentation simultanée considérable des taux de surpoids et d’obésité (et les maladies chroniques non transmissibles [MNT] associées). Même si certains progrès ont été réalisés au cours des dernières années en matière de réduction des retards de croissance, la grande majorité des régions ne sont pas encore sur la bonne voie. Actuellement, 26 % des enfants de moins de cinq ans souffrent d’un retard de croissance et 11 % présentent une insuffisance pondérale, tandis que 4 % sont émaciés. les taux de retard de croissance sont similaires pour les garçons et les filles ; cependant, il existe des disparités régionales, le plus haut niveau de retard de croissance étant à West Pokot, Kitui et Kilifi. Le retard de croissance affecte davantage les familles les plus pauvres, mais touche encore néanmoins les plus riches.

Le nombre estimé d’enfants de moins de cinq ans qui sont en surpoids augmente rapidement, la prévalence de l’obésité actuelle étant de 4,6 %. Un tiers (33 %) des femmes en âge de procréer sont en surpoids. Selon  le Kenya Demographic Health Survey 2014 (KDHS 2014), le surpoids augmente avec la richesse des ménages. Le surpoids et l’obésité sont des facteurs de risque considérables pour les maladies non transmissibles telles que l’hypertension, le diabète et les maladies cardiovasculaires. Les carences en micronutriments (y compris la vitamine A, le fer, l’iode, le zinc et l’acide folique) sont fréquents chez les femmes et les enfants, et garentir un statut en micronutriments adéquats chez les femmes en âge de procréer, les femmes enceintes et les enfants améliore la santé des femmes enceintes ainsi que la croissance, le développement et la survie de leurs enfants.

Mobilisation des sociétés civiles

L’Alliance de la société civile pour le renforcement de la nutrition (CSO-SUN) se concentre sur trois thèmes principaux : le plaidoyer pour élever le statut de la nutrition dans les structures gouvernementales, l’intégration de la nutrition comme programme de développement multisectoriel et l’augmentation des ressources nutritionnelles (budgets et nutritionnistes). Deux ans après sa création, la CSO-SUN a mobilisé 44 organisations au niveau national et 30 autres au niveau du comté afin qu’elles rejoignent le réseau et plaident pour le renforcement de la nutrition. La plupart des membres de la CSA sont des organisations non gouvernementales (ONG) et des organisations de la société civile (OSC) travaillant dans les secteurs de l’humanitaire, des droits de l’homme, de l’éducation, de la santé, des consommateurs et de l’autonomisation des femmes.

Au cours de la dernière année, les membres de la CSA-SUN ont été impliqués dans le développement et l’examen des plans et budgets de développement intégrés du comté, avec un accent particulier sur les composantes de la santé et de la nutrition. La Constitution du Kenya de 2010 a établi 47 comtés, qui sont responsables des décisions politiques et de l’allocation des ressources aux institutions dans leur juridiction. Suite à un plaidoyer continu du CSA-SUN et de ses partenaires, au moins cinq comtés ont créé des lignes budgétaires spécifiques pour les programmes de nutrition et employé plus de nutritionnistes pour l’exercice financier 2015-2016. Il s’agit notamment de Baringo, Taita Taveta, Kajiado, West Pokot, Wajir et Mandera.

La CSA a élaboré et présenté six documents de position sur diverses questions de nutrition. Il s’agit notamment du Projet de politique sanitaire 2014-2030 du Kenya et du Projet de loi 2014 sur la santé ; Identifiés et sensibilisés dans six comtés champions de la nutrition. Le réseau soutient le point focal SUN du gouvernement et les acteurs du secteur de la nutrition pour diffuser le Plan d’action national de la nutrition, élaborer des plans d’action pour la nutrition dans les comtés et une stratégie nationale de plaidoyer de la nutrition, de communication et de mobilisation sociale. Ces activités sont essentielles dans la promotion du programme de nutrition du pays.

Avec le soutien du Fonds d’affectation spéciale de SUN à partenaires multiples (MPTF), du Bureau de référence de la population (PRB), des partenaires et des membres individuels de l’ACTION Global Health Advocacy, la CSA-SUN a organisé 11 formations et ateliers de sensibilisation sur la nutrition dans neuf comtés. Les ateliers ont servi de plates-formes pour sensibiliser les dirigeants politiques, les fonctionnaires, les acteurs de la nutrition et les journalistes sur leur rôle dans le SUN.

Visibilité de la nutrition dans les médias

Le but de la CSA-SUN est de placer la nutrition sur les médias et les programmes politiques afin d’augmenter les fonds pour la nutrition et de mobiliser les communautés pour l’adoption de bonnes pratiques en matière de nutrition. Au Kenya, le rôle que jouent les médias en influençant les décisions politiques sur la santé et la nutrition est très important. À travers les médias, le public est sensibilisé sur la bonne nutrition, les cas de malnutrition, les avantages de la consommation d’aliments nutritifs produits localement, l’allaitement maternel exclusif et des installations adaptées aux bébés, entre autres questions. Les membres du CSA-SUN du Kenya appuient le ministère de la Santé pour assurer la couverture médiatique des événements de nutrition (presque 100 % couverture médiatique), avec la participation de certains à des débats et entretiens télévisés sur des sujets d’actualité.

Bien que l’impact des médias sur les politiques de nutrition et la réalisation des objectifs de la WHA n’a pas été étudié, le rôle de catalyseur des médias dans les six comtés ciblés par la CSA-SUN a entraîné plus d’allocations de ressources à la nutrition. Un plaidoyer médiatique et des articles de presse soutenus sur la nécessité de davantage de fonds pour la nutrition ont été entrepris au cours du processus de budgétisation, influençant ainsi les principaux décideurs à agir. En raison des fonds limités pour le plaidoyer médiatique, la sensibilisation des journalistes dans les 41 autres comtés du pays demeure un défi de taille, mais il est nécessaire de renforcer la capacité à pousser sur les questions clés de nutrition. Utiliser les médias locaux bénéficie et influence à la fois le public et les décideurs qui s’appuient sur les stations pour diffuser leurs nouvelles quotidiennes.

Renforcer les capacités des journalistes

Informée des recommandations des précédents ateliers sur les médias, la CSA-SUN a organisé des formations médiatiques, au niveau national et au niveau des comtés, destinées aux journalistes spécialisés dans les reportages sur la santé et la nutrition. Les objectifs étaient de sensibiliser les journalistes sur les programmes de nutrition au Kenya et sur leur rôle au sein du SUN, de renforcer les  capacités des journalistes à rendre compte des allégations nutritionnelles et de renforcer les relations entre les professionnels des médias et les experts en nutrition.

Un atelier national des médias menée par CSA-SUN en février 2015 a réuni neuf journalistes et trois agents de santé communautaires (ASC) des comtés de Nairobi et Embu. Les journalistes provenaient de la Nation Media Group, de la Kenya Broadcasting Corporation, de Standard Group, de Science Africa et des freelances. Les sujets abordés comprenaient l’introduction au mouvement SUN, le cadre de la situation et de la politique nutritionnelles du Kenya, et la nutrition comme un agenda médiatique. Les animateurs provenaient de la CSA-SUN et des médias pour l’environnement, la science, la santé et l’agriculture (MESHA) (voir www.meshakenya.org). Par la suite, avec les preuves et les recommandations des ateliers médiatiques tenus au niveau national et au niveau des comtés, CSA-SUN a formé plus de 25 journalistes basés dans les zones rurales sur les rapports nutritionnels en mai 2015. Malgré l’existence d’un réseau de journalistes scientifiques au Kenya, la plupart des journalistes du réseau ne disposent pas des compétences nécessaires pour couvrir les activités sur la nutrition. Ainsi, l’un des principaux résultats de l’atelier de plaidoirie de CSA-SUN sur la nutrition du comté en mai 2015 a été la création d’un réseau de journalistes intéressés par la couverture de toute activité de nutrition. Les membres ont créé un groupe de médias sociaux (groupe WhatsApp : journalistes intéressé par la question nutritionnelle) pour partager des informations concernant la nutrition, alerter les uns des autres sur les événements à venir et solliciter les commentaires des experts sur des questions techniques. Au moins trois membres du CSA-SUN orientent les débats sur la plate-forme de médias sociaux.

Les principales recommandations issues des ateliers médiatiques menés par CSA-SUN comprennent :

Encadré 1 : Liens vers des articles de presse produits par des journalistes formés par la CSA-SUN

La nutrition visible dans les médias

Une étude de visibilité médiatique menée par la firme de surveillance des médias Reelforge couvrant la période de mai 2014 à mai 2015, commandée par CSA-SUN en juin 2015, a révélé que : « La couverture médiatique sur les questions nutritionnelles était plus élevée à la radio en termes de fréquence au cours de ladite période ». Cela a été attribué au nombre élevé de sorties/canaux. « La télévision se taille la part du lion des annonces publicitaires concernant les produits et services de nutrition de valeurs équivalentes [valeur des carrences publicitaires sur la nutrition, par exemple des nouvelles et des articles, dont la valeur est calculée en utilisant les taux de publicité] malgré un nombre inférieur d’articles (de nutrition) par rapport à d’autres types de médias ».

Les recommandations du rapport de visibilité médiatique inclus ce qui suit :

  • Les acteurs de la nutrition devraient faire pression pour une plus grande couverture par les stations de radio régionales et rurales, en particulier afin d’aider à remédier à la situation de la malnutrition dans le pays, surtout dans les zones les plus touchées par la malnutrition, comme les comtés de West Pokot et Turkana. Cela vise à encourager la demande de services de santé et à favoriser l’adoption de pratiques d’alimentation optimales. La couverture médiatique actuelle est biaisée en faveur des zones urbaines.
  • Accroître les efforts pour la vulgarisation des articles de nutrition dans les principaux canaux médiatiques, tels que la télévision et les journaux imprimés, ciblant les principaux décideurs du pays. La sensibilisation des dirigeants à travers les médias devrait influencer leurs décisions concernant l’élaboration des plans de développement et des budgets pertinents pour la nutrition.
  • Les résultats de la recherche sur les questions nutritionnelles attirent un intérêt et une couverture médiatiques élevés. Les acteurs de la nutrition devraient soutenir ou travailler en partenariat avec des entreprises de recherche pour mener des enquêtes nutritionnelles et informer le public des tendances en ce qui concerne la malnutrition dans le pays. Ces données serviront de preuves à des fins de planification et de budgétisation.
  • La plupart des publicités citées par les médias comme articles de nutrition faisaient en fait partie d’une vaste campagne de promotion de produits « nutritionnels »  par des herboristes ; la sensibilisation sur les bonnes pratiques nutritionnelles est nécessaire.

Encadré 2 : Sensibilisation des éditeurs des médias sur la nutrition

La CSA-SUN a tenu un atelier de sensibilisation des éditeurs de médias   à Nairobi le 19 Juin 2015. Plus de 30 éditeurs et journalistes de haut niveau ont pris part à l’atelier. Le point focal SUN du gouvernement du Kenya et Directrice de la nutrition, Gladys Mugambi, et le sénateur du comté de West Pokot, John Lonyangapuo, faisaient partie des leaders et décideurs qui ont tenu la  réunion des rédacteurs des médias.

L’atelier des médias faisait suite à la publication du KDHS 2014, qui a révélé que 26 % des enfants âgés de moins de cinq ans ont un retard de croissance, tandis que 4 % sont émaciés et que 11 % présentent une insuffisance pondérale. Tout en reconnaissant les défis auxquels est confronté le secteur de la nutrition, Mme Mugambi était optimiste :  « Le Kenya peut se féliciter d’avoir atteint la cible des Objectifs du Millénaire pour le développement pour les enfants souffrant d’insuffisance pondérale, qui se situe à 11 %. »  Elle a demandé aux différentes parties prenantes et aux médias de travailler main dans la main avec le gouvernement pour promouvoir la sensibilisation à la nutrition : « les médias ont un rôle important à jouer dans les campagnes de la nutrition. Nous savons tous que les publicités des médias influencent le choix nutritionnels des ménages ».

Lancement du Rapport 2015 sur la nutrition mondiale

La CSA-SUN a engagé Africa Practice pour le compte des réseaux du SUN pour soutenir la couverture médiatique du lancement du Rapport 2015 sur la nutrition mondiale au Kenya. Africa Practice a rédigé le communiqué de presse, l’op-ed pour le kit d’outils des journaux et des médias, entre autres. L’événement a rassemblé diverses parties prenantes au Kenya, y compris des politiciens et des représentants des CSA-SUN en Afrique de l’Est, notamment en Ouganda, en Tanzanie, en Ethiopie, au Rwanda et au Burundi. Les invitations ont été coordonnées par la CSA-SUN. Les membres des CSA-SUN ont documentés et diffusés un rapport sur le lancement  (Voir globalnutritionreport.org/files/2015/12/East-Africa-Launch-of-GNR-2015-Resized.pdf). Cinq journalistes de nutrition formés des comtés soutenus par la CSA-SUN ont été invités à se joindre à des journalistes basés à Nairobi pour couvrir le lancement. Par la suite, diverses entrevues avec les médias et des débats télévisés ont mis en vedette des nutritionnistes qui ont diffusé le Rapport 2015 sur la nutrition mondiale, avec une large couverture médiatique comprenant :

  • 23 journalistes de la presse écrite, de la radio, de la télévision et des blogueurs qui ont couvert l’événement ;
  • le rapport sur la nutrition mondiale en vedette dans 22 articles de la presse écrite, en ligne, de la radio et de la télévision, ce qui se traduit par une valeur PR de Ksh.14960655 (USD149,607) ;
  • Plus de 1 000 tweets ont été générés en utilisant le hashtag principal #NutritionReport, tandis que d’autres ont utilisé le hashtag #GlobalNutritionReport.

Les liens vers des articles de presse sont présentés dans l’encadré 3.

Encadré 3 : articles de médias couvrant le lancement du Rapport sur la nutrition au Kenya

 

Article soulignant la question du retard de croissance dans le journal The Star

Politiciens et agenda médiatique

Au Kenya, les intervenants en matière de nutrition se sont engagés dans la mobilisation de divers acteurs à intégrer la question nutritionnelle dans leurs programmes et à la sensibilisation des dirigeants politiques afin d’élever le statut de la nutrition et d’allouer davantage de ressources aux programmes de nutrition. Ces objectifs peuvent être atteints si le SUN est doté dun bureau et du pouvoir de coordonner d’autres ministères pour la mise en œuvre des programmes de nutrition -  le Bureau du Président.

La CSA-SUN et ses partenaires travaillent en étroite collaboration avec les politiciens pour discuter des questions d’actualité à travers la presse. Un certain nombre de dirigeants nationaux et de comté sont invités à des ateliers de sensibilisation, où ils traitent des questions spécifiques en rapport avec leurs comtés et prennent des engagements pour soutenir les efforts de lutte contre la malnutrition. Certains hommes politiques et décideurs interviennent souvent dans les médias sur des questions de nutrition lors d’événements majeurs pour la santé, tandis que les autres écrivent des textes d’opinion pour la presse écrite. Des exemples sont présentés dans l’encadré 4 ci-après.

Des exemples de l’impact de ce type de plaidoyer comprennent :

  • Lors d’un atelier de plaidoyer de nutrition organisé par la CSA-SUN et l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) dans le comté de West Pokot en août 2014, les représentants du gouvernement auprès du comté se sont engagés à prioriser les problèmes alimentaires et nutritionnels dans le Plan de développement intégré du comté et du budget. La nécessité d’une législation et de l’emploi de plus de nutritionnistes dans un comté où l’on a un nutritionniste pour 85 331 personnes ont été reprises par le vice-gouverneur, l’honorable Titus Lotee, et le Président de l’Assemblée du comté, Robert Katina. Par la suite, au cours de l’exercice financier 2015-2016 du comté, le gouvernement a alloué plus de fonds pour le personnel travaillant dans le département de la nutrition.
  • En jJuin 2015, le gouvernement du comté de Kajiado a annoncé la création d’une ligne budgétaire spécifique pour les programmes de nutrition. Ceci fait suite à des campagnes de sensibilisation soutenues par la CSA-SUN grâce au soutien du PRB aux États-Unis. Jusqu’à présent, trois autres comtés (Baringo et Wajir, Mandera) ont augmenté les allocations budgétaires pour les programmes de nutrition.
  • Au moins six comtés soutenus par la CSA-SUN ont identifié les champions de la nutrition, y compris les premières dames des comtés (épouses des gouverneurs). La CSA-SUN a organisé le premier atelier sur les comtés champions de la nutrition le 16 décembre 2015 à Nairobi.

Encadré 4 : Déclarations des hommes politiques en faveur de la nutrition

« Malgré les progrès réalisés sur les causes de la malnutrition et la façon d’aborder le problème, nous n’avons pas accordé assez d’attention aux questions nutritionnelles en tant qu’individus, planificateurs, dirigeants et même gouvernements », a déclaré la Première dame de la République du Kenya, son Excellence Margaret Kenyatta , qui est également le patronne de la nutrition, dans son article d’opinion publié dans le journal The East African du 6 juin 2015, lors du lancement du Rapport 2014 mondial sur la nutrition à Dar es Salaam, en Tanzanie.

Membre du Parlement et Comité parlementaire sur la santé, l’honorable Stephen Mule est un autre défenseur important de la nutrition. Dans son commentaire publié dans le journal The Standard du 15 mai 2015, l’Honorable Mule a appelé les décideurs politiques à soutenir les programmes de nutrition : « Avec la dévolution dans le cadre de la constitution du Kenya, où 96 % des activités de nutrition sont gérés par les gouvernements de comtés, il est encore plus nécessaire de plaider dans chacun des 47 comtés pour s’assurer que la nutrition est prioritaire. »

Le rôle des politiciens dans le plaidoyer en matière de nutrition a été bien exprimé par Prof. John Lonyangapuo, sénateur du comté de West Pokot, dont le comté présente des cas de malnutrition aiguë (KDHS 2014). Prenant la parole lors d’un  atelier tenu par la CSA-SUN sur les éditeurs de médias, le sénateur a été catégorique : «les Kenyans écoutent leurs politiciens. Vous devriez proposer une campagne de plaidoyer bien conçue visant des milliers de politiciens, de membres d’assemblées de comté, de députés, de sénateurs et de gouverneurs. Ils doivent être formés en matière de nutrition et des matériaux tels que les brochures doivent être préparés et leur être transmis pour compléter la campagne du SUN ».

 

Conclusions

L’Alliance de la société civile pour le renforcement de la nutrition (CSA-SUN) envisage de mobiliser les journalistes à se joindre au réseau de journalistes ayant couvert la nutrition qui a été créé en mai 2015, de mobiliser des ressources en vue de renforcer la sensibilisation des médias en matière de nutrition, de renforcer les capacités du personnel technique pour travailler avec les médias, de faire du lobbying auprès des éditeurs de médias pour créer des programmes de nutrition réguliers et d’identifier les champions de la nutrition dans les médias qui permettront d’accroître le profil de la nutrition.

Pour plus d’informations, contactez Titus Mung’ou, courriel : advocacy.ke@acf-international.org

 

Références

Rapport 2015 sur la nutrition mondiale. Synopsis, page 3. http://www.ifpri.org/publication/global-nutrition-report-2015

 

 

 

 

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Titus Mung’ou. Transformer la couverture médiatique de la nutrition au Kenya. Field Exchange 52, June 2016. p86. www.ennonline.net/fex/52/lacouverturemdiatiquedelanutritionaukenya