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Capacité de la santé publique en nutrition : La qualité de la main-d’œuvre pour l’extension des programmes de nutrition

Résumé de la recherche:1

Lieu: Mondial

Ce que nous savons déjà: Priorité à l’intensification des programmes multisectoriels pour lutter contre la dénutrition en croissance dans les pays à revenu faible ou moyen. La capacité de la main-d’œuvre de santé publique et nutrition est essentielle à l’exécution du programme.

Ce que cet article peut ajouter: Un document de position, rédigé par l’équipe de développement des capacités de l’Association mondiale de santé publique et de nutrition (WPHNA), qui décrit la capacité de la main-d’œuvre de la nutrition existante et les mécanismes potentiels pour le renforcement des capacités (compte tenu de la taille de la main-d’œuvre, l’organisation et pré-service et la formation en cours d’emploi) dans les pays à revenu faible ou moyen. Les interventions spécifiques à la nutrition sont principalement livrées par le biais des services de santé qui dépendent des ratios de personnel décents ; les agents de santé communautaire sont essentiels pour l’impact. Les directives sur les programmes de nutrition multisectorielle à l’échelle sont rares, et les estimations (là où ils existent) du nombre du personnel de main-d’œuvre de santé publique et de nutrition suggèrent qu’ils sont insuffisants. La formation applicable de la nutrition pré-service est essentiellement de clinique et/ou orientée vers la science alimentaire ; les outils de formation en service nutritionnel concernent en grande partie la nutrition du nourrisson et du jeune enfant, et la sécurité alimentaire. L’augmentation de la priorité et du financement pour le renforcement des capacités afin d’accroître la nutrition est nécessaire pour la réalisation des objectifs mondiaux. 

Introduction

Les problèmes de surnutrition et de dénutrition affectent au moins la moitié de la population mondiale, en particulier ceux des pays à revenu faible et moyen (PRFM). Il existe des directives du Programme pour la dénutrition et la surnutrition ; la priorité pour l’extension des programmes multisectoriels pour lutter contre la dénutrition dans ces contextes est en croissance. Un document de position, rédigé par les membres de l’Association mondiale de santé publique et de Nutrition (WPHNA) chargés de renforcer cette capacité, décrit le cas pour et définit les caractéristiques souhaitables d’un système de développement de la capacité de la main-d’œuvre en nutrition pour l’extension des programmes de nutrition, en particulier dans les PRFM. Il puise des preuves de la littérature et de l’expérience conjointe du Groupe de travail pour décrire la capacité de la main-d’œuvre existante en nutrition et les mécanismes potentiels pour le renforcement des capacités. L’Assemblée mondiale de la Santé (WHA) a exhorté que les États membres devraient inclure une approche globale de renforcement des capacités et de développement de la main-d’œuvre dans la mise en œuvre des plans pour la mère, le nourrisson et le petit enfant, l’indicateur de capacité étant le nombre de professionnels de nutrition pour 100 000 habitants.

Principales conclusions sur la main-d’œuvre de la santé publique en nutrition

Programmes nutritionnels

Les interventions, spécifiques à la nutrition, afin de réduire la dénutrition de la mère et de l’enfant, sont fournies par le biais du secteur de santé ; tandis que des interventions parallèles à la nutrition sont fournies grâce à d’autres secteurs comme l’éducation, l’agriculture, l’eau et l’assainissement, et l’aide sociale. Beaucoup moins de consensus a été créé autour des interventions nécessaires à la réduction de la surnutrition. L’importance d’employer des approches multisectorielles a été largement accepté, mais l’expérience documentée de la façon dont ces programmes sont mis en œuvre est assez rare, avec peu ou pas de directives existantes sur la façon de développer et de gérer de tels programmes.

De nombreux pays signalent avoir des plans de nutrition, multi-sectoriels nationaux, mais très peu d’entre eux sont effectivement mis en oeuvre à toute échelle. Les programmes de santé et de nutrition à base communautaire peuvent être exécutés avec succès, particulièrement s’ils ont les éléments essentiels de la propriété communautaire, une couverture adéquate de la population, le ciblage et le soutien central pour les provisions et la formation.

Obtenir un impact nécessite un certain niveau d’intensité de l’effort, avec des ratios optimaux de 20 mobilisateurs au maximum, ou des agents de santé communautaire par facilitateur/superviseur et pas plus de 20 ménages par mobilisateur. Les bénévoles travaillant comme agents de santé communautaires reçoivent généralement une formation en cascade organisée localement afin d’être en mesure d’effectuer leur travail. Ces formations sont souvent fournies par des formateurs qui ne disposent pas eux-mêmes de la capacité de former des agents de santé ; il ne semble pas y avoir de norme nationale ou internationale pour celles-ci. Des révisions récentes confirment que les agents de santé communautaires fournissent un lien essentiel entre les communautés et les services de santé et sociaux, et sont effectifs dans leur mise en œuvre des interventions fondées sur des données probantes.

Structure de l’équipe de travail

Une structure idéale de santé publique et nutrition comprend une pyramide (voir la figure 1), où le gestionnaire-spécialiste de santé publique et nutrition doit avoir le contrôle de la livraison de toutes les interventions curatives et préventives de nutrition offertes par le système de santé dans le district. La livraison de ces interventions est généralement faite par d’autres, y compris les infirmières, les sages-femmes, les diététiciens et les médecins. Ils peuvent à leur tour fournir un appui à d’autres acteurs du district, y compris les agents de santé communautaires, les enseignants, les agents de vulgarisation agricole et des travailleurs sociaux.

Effectif

Il existe peu d’évaluations du nombre de spécialistes de santé publique et de nutrition, mais tous indiquent qu’ils sont soit insuffisants et/ou en grande partie absents dans la plupart des effectifs nationaux en nutrition/santé. Une enquête récente portant sur 13 pays d’Afrique de l’Ouest a détecté une pénurie critique de professionnels qualifiés en nutrition dans tous les pays, avec une supervision limitée des activités de nutrition, en particulier au niveau de la mise en œuvre par les travailleurs de la santé de première ligne. Les médecins, infirmières et sages-femmes (ainsi que les diététiciens dans certains pays) constituent la majorité des travailleurs actuellement confiés d’offrir des interventions nutritionnelles à l’échelle mondiale, mais la formation est particulièrement médiocre. Par exemple, les études de cas des régions des pays asiatiques (UNICEF et WPHNA) ont conclu que la connaissance nutritionnelle des travailleurs de la santé est obsolète ; leurs compétences en matière de nutrition étaient limitées à des activités plus cliniques et curatives ; et pour les infirmières et les sages-femmes en particulier, leurs descriptions de poste ne comprennent pas les responsabilités en matière de nutrition. Ces résultats ne sont pas surprenants, étant donné que, même aux États-Unis et au Royaume-Uni, le contenu nutritionnel de la formation des infirmières et des médecins est également considéré comme désuet et inadéquat.

Il y a un manque de main-d’œuvre dédiée (en particulier dans le système de santé) dans la plupart des PRFM pour fournir la sensibilisation des services de nutrition communautaires. Mettre en place des ASC a été considérée comme un élément essentiel de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), mais cela n’a pas eu lieu.

Organisation de la main-d’œuvre

Des difficultés organisationnelles sont aussi un grand obstacle à l’intensification des actions de nutrition comme le manque de spécialistes de santé publique et de nutrition, bien que les deux soient intimement liés. Il n’existe aucune orientation de programme traitant des dimensions de la gouvernance multi-sectorielle de programme de nutrition ; par exemple, la nécessité d’un spécialiste de santé publique et de nutrition à tous les niveaux – dans le bureau du gouvernement local du district d’aménagement ; dans l’unité centrale de chaque secteur pour superviser la mise en œuvre au niveau du district ; et dans l’unité centrale pour aider à planifier, le budget et superviser le développement.

Aucun des pays faisant partie de l’enquête n’avaient mis en place un système unifié d’information sur la nutrition qui pourrait guider les processus de prise de décision pour le double fardeau de malnutrition dans les différents secteurs et niveaux du gouvernement.

Un défi majeur pour l’extension des programmes communautaires est celui d’institutionnaliser et de généraliser la participation communautaire. Le programme le plus vaste et le plus réussi est le Programme de santé familiale du Brésil, qui a intégré 250 000 ASC au sein de ses services de santé et des comités de santé communautaire institutionnalisés au sein des services de santé municipaux.

Préparation de la main-d’œuvre

Il ne semble pas y avoir de source d’informations fiable (régional ou mondial) pour les cours de troisième cycle sur la nutrition. Les programmes identifiés dans une enquête sur l’éducation sur la nutrition en Afrique de l’Ouest a constaté que tous ont échoué à fournir une couverture complète de tous les aspects essentiels de la nutrition humaine, étant fortement orientés vers la science alimentaire (46 %), avec peu d’accent sur la santé publique et la nutrition (24 %) ou la surnutrition (2 %).

Les formations sur le tas pour développer la main-d’œuvre à agir en matière de nutrition à l’échelle exigeront évidemment de nouvelles méthodes et/ou des méthodes peu conventionnelles ; par exemple une combinaison d’apprentissage à distance et d’apprentissage périodique lors des rencontres entre les tuteurs et mentors, réalisable de manière économique et logistique.

Beaucoup de documentation est disponible pour la formation continue des travailleurs du secteur de la santé sur les actions de nutrition nécessaires à l’amélioration de la dénutrition maternelle et infantile ; par exemple des outils génériques (comme les cartes de conseil) pour l’élaboration de programme et le développement des capacités de l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant (ANJE) développé par l’UNICEF. La FAO a également développé des cours d’apprentissage en ligne pour les professionnels travaillant dans la sécurité alimentaire et nutritive, le développement social et économique, et dans la gestion durable des ressources naturelles.

Le développement professionnel continu est un autre domaine important à considérer lors de l’élaboration de la main-d’œuvre pour la santé publique et la nutrition. Certaines universités offrent des cours de formation continue en ligne pour la nutrition et les professionnels de santé ; par exemple, les cours d’apprentissage à distance sur la programmation multisectorielle de la nutrition offerts par la London School of Hygiene and Tropical Medicine.

L’amélioration de la disponibilité de l’Internet a révolutionné les possibilités de renforcement des capacités dans le secteur de la santé publique et de la nutrition. Les initiatives comprennent Public Nutrition Virtual University (toujours en attente de financement) et l’Académie eNutrition (eNutrition Academy, en anglais), une plate-forme globale de formation en nutrition (les cours sont encore en développement). Le mentorat, défini comme « une relation d’apprentissage réciproque, mutuelle et de soutien », est un outil de plus qui devrait être utilisé pour renforcer le développement de la main-d’œuvre en santé publique et en nutrition.

Conclusions

À moins que la priorité et le financement ne soient apportés au renforcement des capacités pour l’extension des programmes de nutrition dans les PRFM, les taux de dénutrition maternelle et infantile resteraient semblablement élevés et des maladies non transmissibles liés à la nutrition seraient susceptibles de dégénérer. Un modèle hybride de cours en ligne pour la formation continue des gestionnaires de la main-d’œuvre de santé publique et nutrition est urgemment nécessaire dans les PRFM.

 

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1Shrimpton, R., du Plessis, LM, Delisle, H., Blaney, S., Atwood, SJ, Sanders, D., Margetts, B. et Hughes, R. (2016) Capacité en santé publique et nutrition : garantir la qualité de préparation de la main-d’œuvre pour l’extension des programmes de nutrition, Public Health Nutrition, 19 (11), pp. 2,090-2,100. doi: 10.1017 / S136898001500378X.

2Note à la figure 1 : La structure pyramidale représente des nombres, pas une relation hiérarchique.

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Shrimpton, R., du Plessis, L.M., Delisle, H., Blaney, S., Atwood, S.J., Sanders, D., Margetts, B. and Hughes, R. . Capacité de la santé publique en nutrition : La qualité de la main-d’œuvre pour l’extension des programmes de nutrition. Field Exchange 53, November 2016. p26. www.ennonline.net/fex/53/laqualitedelamaindœuvrepourlextensiondesprogrammesdenutrition