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NEX 9 : Catalysing nutrition scale-up through technical assistance, Part II

By ENN on 30 January 2018

In this podcast (Part II of this two-part series) we continue the conversation about Technical Assistance (TA) provided to SUN countries under the DFID funded TAN Programme. In the previous podcast we spoke to the global coordinators in the two providers of TA under TAN – Nutrition International and the MQSUN+ consortium (lead by PATH).

In this podcast Tui Swinnen, ENN’s Global Knowledge Management Coordinator continues the conversation about TA under TAN, referring specifically to two TAs delivered under the TAN in 2017 in the Philippines and Tajikistan. These are the two TAs discussed in the NEX article “A catalyst for scale-up in SUN countries: Experiences of technical assistance for Tajikistan and the Philippines”. In this podcast Tui speaks with Manpreet Chadha, Project Manager for Nutrition International-TAN Asia who oversaw the delivery of the Philippines TA, and Mutriba Latypova a consultant for MQSUN+ based in Tajikistan, working on the phased TA being delivered there.

This podcast provides excellent insights into what the TA process looks like at country level, how countries can benefit from TA, what some of the practical considerations are for getting the most out of this support. 

Transcript:

Tui:

Bonjour et bienvenue sur ce podcast qui accompagne l'article publié dans le nouveau numéro de Nutrition Exchange intitulé « Un catalyseur pour le renforcement des pays SUN : expériences de l'assistance technique pour le Tadjikistan et les Philippines. » Voici le second volet de cette série où nous interrogeons des conseillers techniques des pays SUN dans le cadre du projet TAN financé par le DFID. TAN subventionne Nutrition International et l'équipe NI-TAN ainsi qu'un consortium MQSUN+ mené par PATH, pour fournir une assistance technique aux pays SUN et au Secrétariat du Mouvement SUN à Genève. Pour plus d'informations sur l'AT  et sur la procédure de demande, écoutez le premier podcast de la série. Aujourd'hui, nous recevons deux invitées. La première dirige le projet TAN en Asie, Manpreet Chadha, qui est en Inde. Bienvenue Manpreet.

Manpreet:

Bonjour, Tui.

Tui:

Nous accueillons aussi Mutriba Latypova qui est au Tadjikistan. Mutriba participe à divers projets nutritionnels au Tadjikistan ainsi qu'au mouvement SUN. En 2017, elle a rejoint MQSUN+ en qualité de conseillère technique au Tadjikistan. Bonjour Mutriba.

Mutriba :

Bonjour à tous.

Tui :

Une question pour commencer. En quoi l'assistance technique bénéficie-t-elle aux pays SUN  et comment leur donne-t-elle la capacité de renforcer la nutrition? Manpreet, voulez-vous commencer?

Manpreet:

Oui, merci. C'est une question intéressante. Il faut d'abord identifier les besoins. Voici comment nous procédons : nous visitons le pays SUN et discutons avec les acteurs de la nutrition, à commencer par le Point focal SUN et son équipe, les secteurs concernés, toutes les parties prenantes, les groupes multipartites, les réseaux SUN... Nous menons des consultations individuelles et multilatérales avec les partenaires afin de définir les besoins. En règle générale, tous sont conscients des besoins. Les partenaires locaux et le gouvernement connaissent la situation locale, mais ces discussions autour de la mission de l'assistance technique permet de réaffirmer l'importance des besoins. Nous pouvons ainsi identifier et prioriser les besoins nationaux en rapport avec la mission de SUN. Ce processus est essentiel pour réunir tous les acteurs autour de la table afin de définir les besoins, les valider et surtout s'engager sur les objectifs fixés. Nous pouvons ainsi répartir les missions entre TAN et les partenaires. L'assistance technique peut donc être très utile pour aider les pays à améliorer leurs politiques nutritionnelles de manière spécifique ou globale, à élaborer ou personnaliser des programmes et des directives, à adopter des approches transversales comme le suivi et l'évaluation, à prévoir les budgets... Voilà les différents types d'assistance technique dont un projet comme TAN peut faire bénéficier les pays SUN. Voilà pour l'essentiel.

Tui:

Merci Manpreet. Cela résume bien la diversité de l'assistance technique fournie par TAN afin de répondre à des besoins très divers en fonction des pays et de leur situation. C'est la mission de TAN : fournir une assistance personnalisée pour répondre aux besoins spécifiques de chaque pays. Manpreet, dans quels pays d'Asie intervenez-vous ?

Manpreet:

Dans le cadre de MI-TAN, nous intervenons dans 20 pays SUN. 13 d'entre eux sont situés en Afrique. Personnellement, je pilote des missions dans sept pays asiatiques : le Bangladesh, l'Indonésie, le Laos, le Myanmar, le Népal, le Pakistan et les Philippines.

Tui:

Merci. Mutriba, votre expérience est plus focalisée, notamment sur le Tadjikistan. Parlez-nous du rôle de l'assistance technique. Comment a-t-elle aidé ce pays à renforcer la nutrition et l'apport de protéines ?

Mutriba:

Le Tadjikistan a rejoint SUN en 2013. Depuis, on discute beaucoup de nutrition au gouvernement et dans d'autres forums nationaux. La sécurité alimentaire faisait déjà partie des priorités nationales et les questions de nutrition n'étaient traitées que dans ce cadre-là. Par conséquent, la nutrition n'était pas discutée dans le détail. Il y avait un foisonnement de projets, mais aucune plateforme réunissant tous les acteurs de la nutrition. En rejoignant SUN, en prenant conscience de ses besoins et de l'importance d'améliorer la nutrition, le pays s'est engagé dans une nouvelle dynamique. TAN a joué un rôle déterminant dans la promotion de la nutrition. Ils ont d'abord aidé le pays à réaliser une analyse financière pour voir si le budget de l'État prenait suffisamment en compte les objectifs nutritionnels.

TAN a ensuite aidé le pays à élaborer un Cadre commun de résultats. Grâce à TAN, le gouvernement a réalisé que c'était la première chose à faire, car nous avions besoin d'un cadre et d'une orientation commune. Nous avons donc défini un Cadre commun de résultats pour le Tadjikistan et un plan d'action est maintenant en cours de développement. Nous allons travailler de concert avec les instances gouvernementales. Il devrait y avoir une bonne synergie entre TAN, les gens qui travaillent sur MQSUN, ceux qui élaborent le Cadre commun de résultats, les instances gouvernementales et les bailleurs de fonds. Les prochains mois devraient donc être intéressants.

Tui:

Merci. Le Tadjikistan est un cas intéressant, car les projets d'AT s'y succèdent depuis que MQSUN+ y a démarré son action en 2014-2015. Pensez-vous que le fait de procéder par étapes en commençant par définir des objectifs avant de les mettre en œuvre avec l'aide des conseillers techniques, est une approche qui fonctionne pour le Tadjikistan ? Les projets d'AT sont généralement courts et ponctuels, or, au Tadjikistan, l'AT s'échelonne dans le temps.

Mutriba:

Je pense que c'est la bonne approche pour le Tadjikistan car le pays aurait dû se préoccuper plus tôt des enjeux nutritionnels. Il faut donc renforcer les capacités du pays. Une approche échelonnée et à long terme est donc ce qu'il lui faut. SUN nous encourage à adopter une approche multisectorielle de ces questions. Une approche par étapes convient très bien au Tadjikistan, car cela nous permet d'impliquer toutes les parties prenantes et leur nombre ne fait que croître.

Tui:

Et vous avez une stratégie bien définie pour la période 2018-2022 au Tadjikistan, laquelle a été élaborée en partenariat avec MQSUN+. En quoi consiste le Cadre commun de résultats ? Quels sont les objectifs du Tadjikistan pour 2022 tels qu'ils apparaissent dans le programme?

Mutriba:

La principale finalité est d'améliorer la nutrition maternelle et infantile en République du Tadjikistan.

Elle comporte quatre objectifs alignés sur ceux de l'OMS pour l'horizon 2025 et à des objectifs de développement durable. Ces objectifs validés par la République du Tadjikistan se définissent comme suit : réduire de 30 % le nombre d'enfants de moins de cinq ans présentant un retard de croissance d'ici la fin de l'année 2025 ; réduire et maintenir au-dessous de 5 % le nombre d'enfants de six mois à cinq ans souffrant d'émaciation ; réduire les carences micronutrionnelles chez les enfants de six mois à cinq ans et chez les femmes en âge de procréer ; veiller à ce que le nombre d'enfants en surpoids n'excède pas 5,9 %. Ces quatre domaines stratégiques dépendent des objectifs définis et les résultats escomptés dans chaque domaine.

Tui:

Manpreet, j'aimerais également vous entendre sur ce sujet. Parlons du cas des Philippines évoqué dans l'article. Nutrition International y a mené l'une de ses premières AT dans le cadre de TAN. Quel type d'assistance était requis par le pays et quels étaient ses besoins ? Comment les conseillers techniques et vous-même avez-vous répondu à cette demande ?

Manpreet:

Fin 2015, l'équipe régionale de NI s'est rendue aux Philippines afin d'identifier les besoins en assistance technique dans le domaine nutritif et voir si nous pouvions ouvrir un bureau local pour nos opérations.

Le gouvernement et ses partenaires discutaient déjà de nutrition et ceux-ci ressentaient le besoin de mieux planifier ces questions. L'État souhaitait harmoniser son Plan d'action nutritionnel (PPAN) avec le Programme de développement des Philippines (PDP) élaboré par le nouveau gouvernement qui devait entrer en fonction en mai 2016. Le nouveau gouvernement avait préparé ce programme et il fallait donc prévoir un plan nutritionnel aligné sur le PDP. Le Conseil national de la Nutrition est l'organisme suprême chargé de coordonner les actions en matière de nutrition. J'ai donc moi-même commencé à coordonner des actions avec le Conseil, puis nous avons cherché des partenaires et c'est ainsi que NI et l'UNICEF ont décidé de soutenir le Conseil pour l'élaboration du PPAN sur la période 2017-2022. Il s'agit donc d'un plan d'action de six ans pour la nutrition. L'important, c'est que nous avons pu faire coïncider le PPAN avec le PDP, le programme de développement du gouvernement pour les six ans à venir. Pour le gouvernement philippin, le PPAN marque une étape importante, car pour la toute première fois, la participation des régions est requise. Pour la première fois, on leur demande de s'impliquer dans l'élaboration du PPAN. Le plan a donc été conçu pour garantir la participation des acteurs nationaux, mais aussi celle des acteurs régionaux et provinciaux des comités de nutrition et de leurs cadres, les cadres de la protection sociale. Nous avons donc abordé la question de manière inclusive. Cette manière de planifier les choses était nouvelle aux Philippines et contrastait avec les anciennes pratiques en matière d'élaboration des programmes et politiques.

Tui:

Merci d'avoir évoqué la participation des régions au processus de planification. L'AT est ce qui a rendu cela possible dans le cadre du processus global de planification aux Philippines. Comme, Matriba, l'a fait pour le Tadjikistan, pouvez-vous nous décrire les grandes orientations du PPAN ?

Mutriba:

La principale finalité du Plan national pour la Nutrition aux Philippines est d'améliorer la situation nutritionnelle dans le pays dans le cadre d'AmBisyon 2040.  AmBisyon 2040 est le programme gouvernemental à long terme visant à assurer la prospérité de la nation. Les indicateurs retenus sont les suivants : à l'horizon 2040, améliorer la qualité de la main d'œuvre dans le pays ; réduire les inégalités en matière de développement et la mortalité infantile et maternelle. Voici les grandes orientations du PPAN. Celles-ci recouvrent différents objectifs qui sont eux-mêmes subdivisés. Il y a donc des objectifs principaux et des objectifs intermédiaires, ou sous-objectifs. Le succès du programme sera mesuré à l'aune de ces objectifs et les sous-objectifs contribueront aux résultats. C'est le principe du PPAN. Le premier objectif est de réduire les retards de croissance et l'émaciation. Cet objectif recouvre plusieurs indicateurs qui sont les retards de croissance chez les enfants de moins de cinq ans dont le taux actuel de 33,4 % devra être ramené à 21,4 % d'ici 2022, ainsi que la prévalence des enfants émaciés de moins de cinq ans et de six à 10 ans. Ce taux doit être ramené à moins de 5 %. Un deuxième objectif est de réduire les carences micronutritionnelles pour éliminer leur impact sur la santé publique. Les indicateurs sont : les carences en vitamine A, ramenées à moins de 15 % ; l'anémie chez les femmes en âge de procréer, dont le taux de 11,7 % devra être ramené à 6 % ; les troubles de la carence en iode chez les enfants et les femmes enceintes ou allaitantes. Le pourcentage d'enfants et de femmes allaitantes avec des concentrations urinaires inférieures à 50 mcg/L ne devra pas dépasser 20 %. Le troisième objectif est de lutter contre l'obésité chez les moins de cinq ans et chez les 6-10 ans en ramenant les taux au-dessous de 5,9 % et 4,9 % respectivement. Le dernier objectif est de réduire l'obésité chez les adolescents et les adultes. Il existe deux indicateurs : chez les adolescents, le taux actuel de 8,3 % sera ramené à moins de 5 % et chez les adultes, de 31,1 % à 28 %.  Des sous-objectifs et des orientations stratégiques ont également été définis.

Tui:

Que ce soit dans les pays SUN ou ailleurs, ces indications seront utiles aux personnes chargées de définir des orientations et qui s'interrogent sur la manière de procéder pour établir des objectifs, les mesurer et les atteindre. D'où l'intérêt de s'attarder sur un plan national de ce type que l'on doit en partie à l'assistance technique fournie au gouvernement. J'aimerais à présent vous poser la même question qu'à vos collègues lors du dernier podcast sur le rôle et l'engagement des gouvernements nationaux. En quoi cela augure-t-il du succès de l'assistance technique, sur les projets à court ou long terme, et en quoi cela permet-il de catalyser les efforts ? Mutriba, parlez-nous du rôle joué par le gouvernement tadjike.

Mutriba:

Le gouvernement joue un rôle crucial dans la mise en œuvre de l'assistance technique. Comme je l'ai mentionné précédemment, le gouvernement du Tadjikistan a réalisé l'importance de la nutrition et il a donc travaillé de concert avec TAN pour définir les besoins du pays. Avec l'aide de TAN, le gouvernement a saisi l'importance des mesures à mettre en place pour renforcer la nutrition au Tadjikistan. L'État a aussi participé à l'élaboration du Cadre commun de résultats et facilité les réunions avec le Point focal SUN. Aidée notamment du ministre de la Santé, elle a facilité la constitution de groupes de travail au ministère afin qu'ils participent à l'élaboration du Cadre commun de résultats. Le Tadjikistan est très bureaucratique et il faut sans cesse obtenir des autorisations. Il est donc important de s'assurer de la participation de l'État afin d'obtenir les autorisations nécessaires aux réunions avec les différentes parties prenantes et les ministères concernés. Le rôle du gouvernement est également de fournir des analyses fiables sur la situation nutritionnelle et la nature des carences avec l'aide des experts du TAN. En outre, le gouvernement définit les priorités et autorise l'accès à ses documents stratégiques en matière de santé, de nutrition, de statistiques, ou portant sur d'autres aspects liés aux enjeux  nutritionnels.

Tui:

Merci, Mutriba. Manpreet, concernant les Philippines et les sept autres pays dont vous vous occupez, que pouvez-vous dire sur le sujet ?

Manpreet:

Tout comme Mutriba, je pense que le rôle des gouvernements est crucial pour aider TAN à identifier et prioriser les besoins. Pour moi, les gouvernements ont un rôle à jouer à différents stades aussi bien avant que pendant le déploiement de l'assistance technique. En amont, leur rôle est d'aider TAN à définir et prioriser les besoins, à se familiariser avec le contexte local, et à identifier les priorités. Cela nous permet de prioriser les besoins pour lesquels l'État  requiert une assistance. Une fois que les besoins ont été priorisés, que le gouvernement et les partenaires les ont validés et que les moyens sont alloués, le gouvernement a encore un rôle très important à jouer. En premier lieu, et cela est essentiel, il lui faut réunir tous les acteurs. Ce processus collaboratif doit être multisectoriel et multipartite. Lorsque vous fournissez une AT, tous les acteurs doivent être consultés. En impliquant tous les acteurs-clés, vous garantissez la pérennité du projet. Le gouvernement doit donc faciliter les collaborations et assurer la cohérence et la coordination du projet. La situation est cependant différente sur les projets d'assistance à court terme. L'élaboration du PPAN, par exemple, n'a demandé que cinq mois. L'équipe est venue préparer le PPAN avec le gouvernement puis elle s'est retirée. Mais il ne s'agit là que d'un exemple spécifique, car certains projets d'AT se déroulent aussi sur long terme. À présent, nous aidons les Philippines à mettre le PPAN en œuvre et cette mission est très différente de celles que nous menons habituellement. C'est très différent. Nos conseillers aident le gouvernement à mettre en œuvre le PPAN.

Notre rôle est multiple : nous aidons les secteurs à planifier leurs actions et leurs budgets, nous aidons les autorités provinciales et régionales à comprendre quelles composantes-clés du PPAN peuvent être incorporées au Plan d'action régional pour la nutrition. Ces mesures seront ensuite répercutées au niveau des autorités locales. Aux Philippines, les autorités locales ont beaucoup de pouvoir. Nous coordonnons donc nos actions avec les gouverneurs locaux, avec les villes et municipalités... Tout dépend donc du type d'assistance technique fourni, mais j'insisterais sur l'aspect relationnel et collaboratif et aussi sur la notion de responsabilité. Tout le monde est tenu de rendre des comptes au gouvernement. Nous facilitons la collaboration entre les partenaires, mais au final, il est crucial que le gouvernement pilote le projet. Je pense aussi que, dès la phase initiale, il faut veiller à la pérennité du projet. C'est ainsi que TAN conçoit ses projets. Nous devons veiller à instaurer des mécanismes. Le gouvernement doit œuvrer dans ce sens dès le début. Nous travaillons ensemble. Les agents de l'État collaborent étroitement avec nos conseillers. Ils s'impliquent dès le début dans le projet d'assistance technique. Ces agents travaillent donc avec nos équipes et nous veillons à ce qu'ils collaborent à toutes les phases du projet.

Tui:

Merci. Vos témoignages font écho à ceux recueillis lors du premier podcast en soulignant le rôle de facilitateur joué par les gouvernements dans l'AT qui les assiste dans leurs politiques. Vous résumez bien cela lorsque vous rappelez le rôle essentiel du gouvernement pour établir des collaborations et assurer la cohérence et la coordination du projet lors de sa mise en œuvre. J'aimerais vous poser une dernière question pour éclairer les nombreux auditeurs qui travaillent dans des pays SUN en Afrique, en Asie et en Amérique latine. La situation nutritionnelle est sans doute très différente dans leurs pays, mais ils souhaitent peut-être faire appel à l’assistance sur mesure proposée par TAN. Quels conseils pouvez-vous leur donner ? Quels aspects doivent-ils considérer avant de déposer une demande ?

Manpreet:

Il est essentiel de garder certaines considérations à l'esprit. En premier lieu, tous les grands acteurs de la nutrition, qu'il s'agisse du gouvernement lui-même ou des divers organismes qui soutiennent sa politique nutritionnelle, doivent impérativement être consultés. Il faut les consulter dès le départ pour éviter les doublons. L'État reçoit peut-être déjà une aide que l'assistance technique ne ferait que dupliquer. Inutile de faire doublon. C'est pourquoi il faut commencer par consulter tous les intervenants. Il faut aussi que le processus soit transparent et participatif, notamment au moment d'identifier et de prioriser les besoins.

Ces conditions sont nécessaires au succès de l'assistance technique et à une coordination efficace des actions menées dans le pays. Voici pour le premier point. Autre point : le pays doit prendre l'initiative.

Vous ne pouvez pas décider des besoins à leur place. Quand j'interviens dans un nouveau pays, je lis sa documentation, je parle avec les gens, j'essaie de comprendre la situation nutritionnelle... Tout cela m'aide à comprendre la situation mais cela ne m'autorise pas à décider de ses besoins ou de l'AT à lui fournir. C'est au pays de décider. Pour que le pays vous soutienne, il faut qu'il en ressente le besoin. Le PPAN a fonctionné parce que l'initiative venait du gouvernement Philippin. Nous avons défini ensemble les besoins, mais il avait déjà priorisé ces questions qui devaient s'harmoniser en temps voulu avec le PDP. Le timing est donc un facteur important. Vous ne pouvez pas fournir une AT non requise, le timing est important. Ensuite, vous devez tenir compte des acteurs régionaux autant que nationaux. Tout dépend là encore du pays. Dans certains pays, le pouvoir est extrêmement centralisé. Le gouvernement central décide des programmes et des budgets. Mais certains pays sont plus décentralisés. C'est notamment le cas des Philippines et du Pakistan, et, dans une certaine mesure, de l'Indonésie. Dans ces pays-là, les autorités régionales jouent un rôle déterminant. Elles ont leur propre manière d'opérer. Le plus souvent, il faut les intégrer dans la dynamique. Il faut leur expliquer les enjeux et comment elles peuvent remplir les objectifs nationaux non seulement à leur niveau, mais aussi à un niveau plus local. Il est donc très important de les aider à planifier et mettre en œuvre leurs politiques. Le gouvernement doit s'impliquer dès le départ. Il pourra par exemple assigner un agent de l'État au projet d'AT. Dans tous les cas, quelqu'un devra participer à l'ensemble du processus afin que le pays puisse renforcer ses propres capacités. TAN aide toujours les pays à développer leur propre capacité à concevoir et à mener des programmes nutritionnels. L'action doit donc être globale et le renforcement des capacités doit être pensé dès le début. Pour reprendre l'exemple du PPAN et des Philippines, notre équipe de conseillers a œuvré pour le renforcement des capacités à différents stades du projet. Ils ont ainsi renforcé les capacités des comités régionaux de nutrition, des comités provinciaux ou des prestataires de service au niveau régional. Le renforcement des capacités faisait partie de la mission. Dans leurs interactions avec leurs interlocuteurs, ils veillaient à renforcer leur expertise afin qu'ils contribuent au programme et allouent des budgets dans ce sens. Vous devez donc saisir toutes les occasions de renforcer les capacités au cours de vos interactions, et ce, dès le départ. Et pour terminer : laissez-en place les mécanismes, les dispositifs et les structures qui pourront servir sur le long terme. Pensez au-delà de l'AT. Le renforcement des capacités via les mécanismes et les dispositifs est ce qui est pérenne pour le pays. C'est pourquoi il faut s'en préoccuper dès le début.

Tui:

Merci, Manpreet, pour cet excellent exposé. Nous allons ainsi conclure ce podcast. Merci à toutes les deux d'y avoir participé. C'était une discussion vraiment riche et intéressante qui complète parfaitement le podcast précédent enregistré avec l'équipe de MQSUN+ et celle de Nutrition International qui interviennent à un niveau global et nous ont apporté leur éclairage. Je remercie donc Mutriba Latypova et Manpreet Chadha pour leur participation.

Mutriba:

Merci!

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